Les questions à se poser avant de se marier : les sept domaines

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Sept domaines décident si un mariage avancera à l'abri des mauvaises surprises : l'argent, le travail, le lieu de vie, les enfants, les familles, la santé et la foi. Être d'accord est facultatif ; savoir où vous ne l'êtes pas ne l'est pas. Réservez deux soirées, prenez deux domaines chacun, et ne notez que les points où vos réponses divergent.

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La plupart des couples qui se marient vivent ensemble depuis des années. Ils savent qui vide le lave-vaisselle et qui lit la carte. Ce qu'ils ignorent souvent, c'est ce que l'autre imagine pour l'année de leurs cinquante ans à tous les deux. Ce n'est pas de la négligence : ces questions-là ne se posent pas toutes seules.

Les fiançailles sont l'une des rares périodes où elles se posent, parce que vous parlez déjà de l'avenir pour d'autres raisons. L'argument est peu romantique et il tient quand même : une heure inconfortable ce printemps coûte moins cher qu'une année inconfortable dans dix ans.

Pourquoi les fiançailles sont la bonne fenêtre

Le moment fait ici l'essentiel du travail. Pendant les fiançailles, vous discutez déjà de dates, d'invités et d'argent, ce qui abaisse le seuil de questions qui, autrement, tomberaient de nulle part. Demander à quelqu'un comment il imagine s'occuper de ses parents sonne indiscret un mardi ordinaire. Entre deux sujets de mariage, cela sonne normal.

Il y a aussi un argument pratique. Un couple qui découvre en pleine organisation que l'un des deux n'a jamais voulu d'enfants tient cette conversation sous la pression du calendrier, acomptes versés et famille aux aguets. Un couple qui l'a tenue plus tôt ne se dispute plus que sur le plan de table. C'est une différence qu'on ne mesure qu'après avoir connu les deux.

Il existe une troisième raison, qu'on énonce rarement. Les couples qui se marient à l'église passent presque toujours par une préparation au mariage : quelques rencontres où un tiers les interroge sur leurs attentes, sur les enfants, sur leur manière de se disputer. Beaucoup racontent ensuite que c'était la première fois qu'ils disaient ces choses-là côte à côte — non parce qu'ils l'avaient prévu, mais parce que quelqu'un d'extérieur avait posé la question. Le mariage civil seul n'offre aucune occasion de ce genre. C'est à cela que sert cette liste : non pas un programme à dérouler, mais le rendez-vous que les autres couples reçoivent tout fait.

Le but n'est pas de vouloir la même chose. Le but est qu'aucun de vous deux ne soit pris au dépourvu.

Les sept domaines

Ces sept-là couvrent l'essentiel de ce qui se transforme plus tard en conflit sérieux. Tous ne seront pas difficiles pour vous, mais chacun devrait avoir été dit à voix haute au moins une fois.

  • L'argent. Qui possède quoi, qui décide des grosses dépenses, et à partir de quel montant une dépense est grosse.
  • Le travail. Quelle carrière cède si les deux ne peuvent pas tenir en même temps.
  • Le lieu de vie. Quels déménagements vous feriez l'un pour l'autre, et quelles régions sont exclues d'emblée.
  • Les enfants. Si oui, quand, combien, et ce qui se passe si cela ne marche pas.
  • Les familles. Quelle proximité est normale, et qui soutient qui quand les parents vieillissent.
  • La santé. Ce que vous attendez l'un de l'autre si l'un de vous tombe gravement malade.
  • La foi. Le rôle que joue la croyance, ou son absence, dans une semaine ordinaire — pas le jour d'un mariage.

La santé est le domaine le plus souvent sauté et celui où une hypothèse fausse coûte le plus cher. C'est aussi le seul de la liste qui débouche sur un papier utile. En France, le mariage ne fait pas de vous le décideur automatique pour l'autre à l'hôpital : il faut une désignation écrite de personne de confiance, prévue par l'article L1111-6 du code de la santé publique, et c'est en général le couple qui a eu la conversation qui finit par la signer. Un mandat de protection future va plus loin encore, pour le jour où l'un de vous ne pourrait plus décider seul.

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Obtenir une vraie réponse plutôt qu'une réponse polie

Les questions abstraites obtiennent des réponses abstraites. Posez une situation précise et la même personne devient précise. Le procédé s'entend facilement une fois qu'on le connaît.

La version polieLa version qui obtient une réponse
Quel est ton rapport à l'argent ?S'il tombait 5 000 € demain, on en fait quoi ?
Tu es ambitieux ?Si on nous proposait à tous les deux quelque chose de bien dans deux villes différentes, quel poste cède ?
Tu veux des enfants ?Si on essayait deux ans sans que ça marche, tu voudrais qu'on fasse quoi ?
Tu es proche de ta famille ?Dans un mois idéal, tu vois tes parents combien de fois ? Donne le chiffre.
Tu es croyant ?Qu'est-ce que tu voudrais qu'on dise à ton enterrement, et par qui ?
On est transparents sur l'argent ?Est-ce qu'il y a un crédit que je ne connais pas ?

La dernière ligne est la question la moins populaire de la liste et la seule dont une réponse surprenante a des conséquences immédiates. En France, l'article 220 du Code civil rend les deux époux solidaires des dettes contractées pour l'entretien du ménage : ce que l'un ignore aujourd'hui peut devenir le sien demain. Posez-la quand même, et posez-la franchement.

En notant vos divergences, guettez une distinction facile à manquer : un accord n'est pas une absence d'objection. Beaucoup de couples tiennent un sujet pour réglé parce que personne ne s'y est jamais opposé, ce qui est un trou et non un résultat. Le test est rapide : chacun de vous peut-il énoncer la position de l'autre en une phrase sans se faire corriger ? Partout où cela échoue, le domaine est encore ouvert — quelle qu'ait été votre certitude du contraire.

Quand une réponse tombe mal

Il arrive que l'une de ces questions produise quelque chose que personne n'avait vu venir. Le réflexe est de vouloir régler cela sur-le-champ, et c'est presque toujours une erreur. Une réponse surprenante a d'abord besoin d'air ; la négociation vient après.

Ce qui fonctionne est délibérément inachevé : nommez ce que vous venez d'entendre, dites que vous voulez y réfléchir, et fixez une date précise pour la suite de la conversation. Pas « bientôt » — une date. Il se passe étonnamment de choses pendant ces deux semaines sans que ni l'un ni l'autre n'ait rien fait. Des positions qui semblaient inconciliables un dimanche soir se présentent souvent autrement au milieu du mois.

Et une chose qu'on dit rarement franchement : certains de ces domaines ne se règlent pas pendant les fiançailles. Ils deviennent seulement visibles. C'est un résultat légitime, et bien meilleur que de découvrir la même chose la septième année.

La situation plus délicate est autre : l'un de vous deux ne veut pas de la conversation, tout simplement. Non par entêtement, mais parce qu'elle lui paraît inutile, ou parce que ces sujets le mettent mal à l'aise. Insister sur le format n'y donne pas grand-chose. Ce qui marche, c'est la plus petite version possible : une question, en passant, sans l'annoncer, en voiture ou pendant la vaisselle. Presque tout le monde répond honnêtement à une question sérieuse tant qu'elle n'a pas été présentée comme une conversation. Sept questions étalées sur sept semaines ne valent pas moins que deux soirées : c'est seulement un chemin plus lent, et nettement plus doux.

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Comment mener les deux soirées

Le cadre compte plus que les questions. Un endroit qui n'est pas votre propre salon, une heure de fin convenue, et pas d'alcool pour tenir la distance. Quatre-vingt-dix minutes couvrent confortablement deux domaines ; au-delà, on devient fatigué puis injuste, à peu près dans cet ordre.

Posez les questions à tour de rôle, et répondez d'abord à la vôtre. Celui qui demande a déjà répété sa réponse et l'autre non : passer en premier rétablit l'équilibre et empêche l'ensemble de tourner à l'entretien d'embauche. Prenez des notes, mais seulement des points où vous divergez — cette liste est plus courte que vous ne le pensez, et c'est la seule partie qui mérite d'être gardée. Les couples qui rassemblent déjà leurs éléments de mariage au même endroit, document partagé ou site de mariage bien à eux, la gardent en général là aussi, simplement parce que tout le reste du mariage y vit déjà.

Sept domaines, deux soirées, une courte liste des choses que vous voyez différemment. Si un domaine a pesé plus lourd que les autres, offrez-lui sa propre soirée plus tard, loin de tout ce qui touche au mariage lui-même.

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