Quelle citation imprimer sur votre papeterie de mariage ?

Quelle citation imprimer sur votre papeterie de mariage ?

14 min de lecture

Décidez d'abord où la phrase ira, ensuite ce qu'elle dira. Une lecture se choisit pour la cérémonie, se dit à voix haute et dure une à trois minutes ; une citation imprimée se choisit pour un seul carton et doit tenir en silence, sans que l'un de vous soit à côté pour l'expliquer. Deux ou trois emplacements d'une papeterie en portent une, rarement plus.

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C'est ici qu'une papeterie française s'écarte d'une papeterie allemande ou autrichienne. Outre-Rhin, une carte de mariage porte presque toujours un Spruch — un vers ou une citation courte — sur le faire-part, dans le livret et sur la carte de remerciement. En France, le faire-part est d'abord une annonce faite par les familles, et la citation y reste une option parmi d'autres. Le texte qui se choisit vraiment, et longtemps à l'avance, c'est celui qui sera lu pendant la cérémonie.

La suite : ce qui sépare une lecture d'une citation imprimée, les emplacements où une phrase gagne sa place, cinq tests qui rendent un mauvais choix visible avant l'impression, les règles de coupe et de mention de la source, et la question des droits dans la version courte qui suffit à une carte. C'est ce dernier point qui saute le plus souvent, parce que tout ce qui se copie sur Internet a l'air libre.

1. La lecture et la citation imprimée sont deux décisions

La question se pose deux fois dans la préparation d'un mariage, et les deux versions n'ont presque rien en commun.

  • La lecture se dit pendant la cérémonie, dure une à trois minutes, et c'est quelqu'un que vous avez sollicité qui la porte. Elle a un lecteur, un moment et une assemblée assise. Le répertoire courant — l'hymne à la charité de saint Paul, le Cantique des cantiques, la page de Khalil Gibran sur le mariage, un poème lu par une amie — existe parce que ces textes se tiennent à voix haute sur cette durée-là.
  • La citation imprimée tient sur une ou deux lignes. Personne ne la dit, rien ne l'introduit, et elle entre en concurrence avec les informations qui l'entourent. Une lecture survit rarement à cette réduction : une phrase prélevée telle quelle dans votre lecture paraît presque toujours maigre sur le papier.

Choisissez-les séparément, et commencez par la lecture. Elle se décide avec le prêtre, le diacre ou l'officiant, et pour une messe elle se prend dans le lectionnaire du rituel du mariage — un point parmi les conditions que pose la paroisse. À la mairie, il n'y a rien à choisir : l'officier d'état civil lit les articles du Code civil sur les devoirs des époux, et ce texte-là ne vous appartient pas. Une fois les lectures arrêtées, vous savez ce qui aura déjà été dit, et la citation imprimée doit faire autre chose.

Utile à savoir si vous préparez un mariage en Allemagne ou en Autriche, ou si vous y êtes invité : un mariage religieux comporte là-bas un Trauspruch, un unique verset biblique que le couple choisit à l'avance avec le pasteur ou le prêtre. Il est lu pendant la célébration, puis il suit le mariage — peint sur le cierge de mariage, inscrit sur le certificat, et repris en général dans toute la papeterie. Rien, dans un mariage français, ne fonctionne ainsi. L'équivalent le plus proche est une lecture, et une lecture se choisit pour la cérémonie, pas pour les cartons. Si donc vous voyez le même verset sur le cierge, dans le livret et sur la carte de remerciement, c'est de cela qu'il s'agit : un seul verset qui fait le travail de cinq.

Une phrase qui conviendrait aussi bien à n'importe quel autre couple ne dit rien de vous.

2. Où une citation imprimée a sa place

Cinq emplacements, cinq missions différentes. La même phrase en remplit rarement deux correctement.

  • Le faire-part. L'annonce occupe déjà le carton — qui annonce, les prénoms, la date, l'heure, les deux lieux, la consigne de réponse — et chacune de ces mentions doit se trouver d'un coup d'œil. Si vous voulez une citation ici, mettez-la au dos, à l'intérieur d'une carte pliée ou sous la ligne d'annonce, jamais au-dessus des informations. Ce que vos invités cherchent réellement, et dans quels mots le leur dire, relève de l'étiquette des invitations de mariage.
  • Le save-the-date. L'emplacement le plus accueillant de toute la papeterie, parce que le carton ne porte que quatre informations et qu'il reste de la place. Une phrase y donne aussi le ton des mois avant que quoi que ce soit d'autre n'arrive.
  • Le livret de cérémonie. Ici, la phrase travaille vraiment : elle dit à vos invités de quoi va être faite l'heure qui vient. Elle se place en couverture ou sur la première page intérieure, et elle ne doit pas répéter une lecture imprimée quatre pages plus loin. C'est la seule pièce de papeterie qu'on lit pendant l'événement, et ce qu'elle annonce est déjà fixé par le déroulé de la journée.
  • Le site de mariage. La phrase se place au-dessus de l'itinéraire, des horaires et du formulaire de réponse. Elle peut être plus personnelle que tout ce qui est imprimé, puisque seuls les invités la voient — mais elle doit rester courte, sans quoi l'accueil devient une préface.
  • La carte de remerciement. Celle-ci regarde en arrière. Une phrase sur les commencements, choisie pour le faire-part et réemployée ici, sonne étrangement six semaines après le mariage, parce qu'elle est restée au temps de l'invitation. Les cartes de remerciement sont la dernière pièce de la série et demandent une phrase de clôture, pas une phrase d'ouverture.

Menus, marque-places et panneaux en portent parfois une aussi. Résistez. Ces pièces existent pour répondre à une question, et une phrase imprimée dessus retarde la réponse.

La règle qui fait gagner du temps : cherchez une phrase par emplacement plutôt qu'une phrase pour le mariage, et acceptez qu'un ou deux emplacements finissent sans rien. Un blanc sur un carton ne se lit jamais comme un oubli. Un espace comblé, si.

2. Où une citation imprimée a sa place — Quelle citation imprimer sur votre papeterie de mariage ?

3. Cinq tests avant d'imprimer

Une phrase qui vous plaît dans une liste ne vous apprend encore rien. Ces cinq tests écartent ce qui vous gênera plus tard.

  • Le test de l'échange. Placez deux prénoms inconnus au-dessus de la phrase. Si elle leur va aussi bien, elle est interchangeable — ce qui est sans gravité pour un vers classique, et rédhibitoire pour une phrase censée vous ressembler.
  • Le test à voix haute. Dites-la, dans votre voix de tous les jours. Beaucoup de ce qui paraît solennel imprimé sonne emprunté une fois prononcé. Pour tout ce qui va dans le livret, c'est le test décisif, puisque c'est à voix haute que vos invités la recevront.
  • Le test du locuteur. Déterminez qui parle dans la phrase. Une première personne du singulier sur un carton envoyé par deux personnes fait aussitôt fausse note ; une phrase qui disserte sur l'amour en général n'atteint personne, parce qu'il n'y a personne dedans.
  • Le test de la promesse. Certaines phrases affirment sur votre couple quelque chose qu'aucun de vous ne dirait à voix haute. Si vous l'atténuez intérieurement en la lisant, elle est faite pour le carton de quelqu'un d'autre.
  • Le test des dix ans. Vous retrouverez cette carte dans une boîte. Les images simples et les phrases calmes vieillissent lentement ; les jeux de mots et les allusions à ce qui se dit cette année, non.

Deux signaux suffisent presque à remplacer la liste entière. Le premier : vous devez l'expliquer. Si la phrase a besoin d'une remarque de votre part pour se comprendre, elle ne fonctionnera pas sur un carton, où elle tient seule. Le second : vous l'avez trouvée dans une liste sans la reconnaître. Ne pas être d'accord tous les deux est en revanche un résultat, pas un problème — une phrase que l'un de vous se contente de tolérer finit sur chaque carton et dans chaque album.

4. Couper la phrase, et citer la source correctement

La plupart des belles phrases sont trop longues pour un carton. Couper est permis et le plus souvent nécessaire. Quelques gestes sauvent la phrase, quelques autres la cassent.

  • Une image par phrase. Si le texte porte deux comparaisons, supprimez complètement la plus faible. Deux images côte à côte s'affaiblissent mutuellement, parce qu'un regard posé sur un carton ne construit qu'une seule représentation.
  • Les subordonnées d'abord. Ce qui, après la virgule, explique pourquoi la première partie est vraie ne mérite presque jamais la place qu'il occupe.
  • Ne touchez pas au texte. Échanger des mots, lisser les temps, ajuster les pronoms : la citation devient une version que personne n'a écrite et qui porte pourtant le nom de quelqu'un d'autre. Couper, oui ; réécrire, non.
  • Signalez ce que vous retirez. Si vous coupez au milieu d'une phrase et que vous imprimez le nom de l'auteur, trois points entre crochets prennent la place du passage retiré. C'est la différence entre une citation et une affirmation sur ce que quelqu'un a écrit.
  • Coupez les lignes selon le sens. Une ligne se termine là où se termine une unité de sens, pas là où la colonne s'arrête. Une phrase qui trébuche sur son propre retour à la ligne paraît négligée à l'impression, et personne ne sait dire immédiatement pourquoi.
  • Imprimez-la à la taille réelle. Tout est lisible sur un écran. Une épreuve à l'échelle montre en quelques secondes si la phrase reste calme, et s'il faut en changer, cela prend du temps : placez cette épreuve bien avant la date à laquelle les faire-part doivent partir.

La source se place sous la phrase, pas dedans : prénom en entier, nom correctement orthographié, l'œuvre nommée seulement si le titre est court. Et vérifiez l'attribution auprès d'une deuxième source indépendante avant d'imprimer un nom, car les sites de citations sont les moins fiables exactement à l'endroit qui finira sur le carton.

Deux attributions circulent partout en français, et aucune des deux ne tient. « Tout ce que tu peux faire ou rêver de faire, commence-le » est imprimé sous le nom de Goethe, et ce n'est pas Goethe : la formule vient d'une adaptation en vers très libre de Faust publiée par John Anster en 1835, et elle doit sa célébrité à l'alpiniste écossais W. H. Murray, qui la cite en 1951. « Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris », prêtée à Oscar Wilde, ne figure dans aucun de ses textes. Le piège proprement français porte sur le texte et non sur le nom : la version qui circule dit « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction », là où Saint-Exupéry écrit, dans Terre des hommes, « aimer ce n'est point nous regarder l'un l'autre mais regarder ensemble dans la même direction ». L'auteur est le bon, la phrase ne l'est pas. Imprimez la phrase sans nom si vous ne trouvez pas de deuxième source à l'attribution : une phrase sans auteur ne vous coûte rien, un nom faux est une affirmation que vous avez imprimée.

4. Couper la phrase, et citer la source correctement — Quelle citation imprimer sur votre papeterie de mariage ?

5. Ce que vous avez le droit d'imprimer, et la source que vous avez déjà

Les citations ont l'air libres parce qu'elles sont partout. Juridiquement, elles le sont rarement, et un carton imprimé est un exemplaire publié.

La durée à retenir vaut pour la France comme pour le reste de l'Union européenne : une œuvre littéraire reste protégée soixante-dix ans après la mort de son auteur, à compter de la fin de l'année du décès. Rainer Maria Rilke est mort en 1926, son texte est donc libre. Jacques Prévert est mort en 1977, et ses vers ne le seront pas avant 2048, ce qui ne les empêche pas de figurer sur d'innombrables cartes. Le droit français ajoute une particularité qui prend beaucoup de monde de court : les auteurs morts pour la France bénéficient de trente années supplémentaires, si bien qu'Antoine de Saint-Exupéry, mort en 1944, est encore protégé ici alors que ses textes sont tombés dans le domaine public dans une grande partie du monde.

Trois cas ont l'air plus libres qu'ils ne le sont.

  • Les traductions. Une traduction est une œuvre à part entière, avec sa propre durée de protection. Khalil Gibran est mort en 1931 et son texte anglais est libre depuis longtemps — la traduction française que vous recopieriez ne l'est pas forcément, et c'est le français que vous imprimeriez.
  • Les versets bibliques. Le verset est ancien, la traduction ne l'est pas. La traduction liturgique de l'AELF, la Bible de Jérusalem ou la TOB sont des œuvres récentes appartenant à leurs éditeurs, et chacun indique sur sa page d'autorisations ce qui peut être reproduit sans demander et quelle mention doit accompagner le texte. La Segond de 1910 est en revanche dans le domaine public, ce qui explique qu'on la retrouve partout.
  • Les paroles de chansons. L'erreur la plus fréquente, parce que presque chaque couple a sa chanson. Les paroles sont pratiquement toujours protégées, leurs droits sont gérés bien plus activement que ceux de la plupart des poèmes, et une seule ligne peut exiger une autorisation de l'éditeur.

L'exception de courte citation ne vous sauvera pas ici : le code de la propriété intellectuelle ne l'admet que si la citation sert un propos critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information, et une phrase posée au-dessus d'une date ne sert aucun de ces propos. Une distinction pratique compte davantage que le texte de loi. Un carton imprimé envoyé à des gens que vous connaissez est le côté discret du problème ; un site de mariage que n'importe qui peut ouvrir avec le lien en est le côté exposé. Si vous ne voulez pas renoncer à une phrase protégée, demandez l'autorisation à l'éditeur ou placez la page derrière un mot de passe — et nommez l'auteur dans les deux cas.

Tout cela plaide pour les sources que vous avez déjà, qui sont en général les meilleures :

  • une phrase que l'un de vous a réellement dite — dans un message, au moment de la demande, un soir dont vous vous souvenez tous les deux
  • une ligne d'une vieille lettre, ou d'une carte restée dans la famille
  • une expression qui existe depuis assez longtemps dans votre famille pour que les deux côtés la reconnaissent aussitôt
  • une phrase de vos vœux : trop tard pour le faire-part, exactement juste pour la carte de remerciement
  • une phrase tirée d'une de vos lectures, dans le cas rare où elle survit à la coupe — elle est déjà choisie, et elle relie la cérémonie au papier

Ces phrases-là passent les cinq tests toutes seules, parce qu'elles ne conviennent qu'à un seul couple. Elles sonnent rarement littéraires, et c'est leur avantage : les invités perçoivent la différence entre une phrase trouvée et une phrase apportée, même sans pouvoir dire en quoi elle consiste.

Reste l'économie de moyens. Une seule phrase qui traverse toute la papeterie se lit comme un motif ; cinq phrases différentes se lisent comme une pile de pages de calendrier. Si la même revient — petite sur le save-the-date, grande en couverture du livret, en dernière ligne de la carte de remerciement — elle reste en mémoire sans que vous ayez jamais à l'expliquer.

L'ordre qui fonctionne : d'abord l'emplacement, ensuite la mission que la phrase doit y remplir, ensuite la phrase — et la question des droits avant que le fichier parte à l'imprimeur, pas après.

Retenez au plus deux candidates par emplacement, composez-les à la taille réelle sur une même feuille, et laissez reposer une semaine.

Ce que vous aurez encore plaisir à lire à ce moment-là, imprimez-le. Le reste était la belle phrase de quelqu'un d'autre.

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