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Savoir si les astres conviennent à une date de mariage est une affaire de croyance. Cet article ne tranche pas et n'avance rien sur les signes astrologiques. Il explique pourquoi tant de couples posent la question, quels usages de date existent réellement en France, et de quoi dépend une date une fois le symbolique mis de côté.
La question revient dans presque tous les préparatifs, le plus souvent en passant : est-ce que la date tient astrologiquement, est-ce qu'un Lion doit se marier en août, est-ce que la lune a son mot à dire. On la pose rarement pour parler d'astronomie : derrière elle, il y a le sentiment de prendre une très grande décision sans répétition générale.
On la traite donc de la seule façon honnête possible : les usages sont décrits, pas notés, et aucun effet ne leur est prêté. Il reste malgré tout beaucoup à en tirer. Les usages de date sont anciens, ils sont documentés, et ils ont des conséquences très concrètes sur les samedis encore libres et sur ceux qui sont partis depuis des mois.
Pourquoi la question se pose
Un mariage est l'une des rares décisions qu'on prend sans répétition générale et qu'on ne défait pas sans conséquence. Devant ce genre de seuil, on a toujours cherché des signes : une date qui va bien, un objet censé porter chance. Ce n'est pas la lubie de quelques couples, c'est l'équipement standard de presque tous les mariages auxquels vous avez assisté. La fleur d'oranger de la mariée, le riz ou les pétales à la sortie, le fer à cheval accroché quelque part, le quelque chose de bleu emprunté à une tradition anglaise qui a fini par prendre ici aussi. Et surtout la phrase que tout le monde sort dès que le ciel se couvre : mariage pluvieux, mariage heureux. Personne ne revendique de mécanisme. Presque tout le monde y participe.
La question des signes astrologiques appartient à la même famille. C'est un souhait de bon présage au-dessus d'une grande décision. Elle se pose au moment où beaucoup est encore ouvert : juste après la demande, juste avant la première réservation, juste après la première vraie dispute sur la liste d'invités. C'est pourquoi y répondre par un fait ne sert presque jamais. Vouloir savoir si le 12 juillet est un bon jour, ce n'est pas chercher une information.
Pour vous deux, cela a un versant pratique. Quand l'un de vous met le sujet sur la table, il n'est presque jamais question d'astrologie en tant que telle, mais de l'une des trois questions qui se tiennent derrière : est-ce le bon moment, est-ce la bonne personne, est-ce que la journée sera réussie. Les deux premières relèvent d'une soirée honnête à deux, la troisième des préparatifs. Le calendrier n'en règle aucune. Le voir vous épargne une longue discussion sur les positions planétaires qui était en réalité une discussion courte sur autre chose.
Demander si une date porte chance, c'est rarement parler du calendrier. C'est demander à être rassuré.
Ce que l'astrologie propose réellement
Choisir un moment favorable porte un nom : l'astrologie élective. L'astrologue ne regarde pas vos deux thèmes pour en lire les signes solaires. Il calcule une carte pour un jour, une heure et un lieu précis, de sorte que la cérémonie ait son propre thème, comme une personne en a un. Cela se vend comme une prestation, et ce qui revient est en général une courte liste de dates possibles assorties de créneaux horaires.
Deux motifs reviennent constamment. Le premier est Vénus : pendant sa rétrogradation, les sources astrologiques déconseillent largement de se marier. Le second est Mercure, la rétrogradation dont tout le monde a entendu parler ; le conseil courant y porte sur les signatures — utile à connaître seulement parce qu'un mariage passe par la signature du registre et que quelqu'un ne manquera pas de le faire remarquer. La lune accompagne les deux : une lune croissante passe pour favorable, au motif que ce qui commence doit croître.
La version germanophone de ce dernier point va plus loin, et vous pouvez très bien la rencontrer à un mariage en Allemagne ou en Autriche. La règle populaire y veut que le oui soit prononcé avant midi, tant que le soleil monte encore. Elle survit parce qu'elle ne coûte rien à respecter : le mariage civil s'y passe au Standesamt, l'équivalent du service d'état civil, et ces rendez-vous tombent le plus souvent un matin de semaine. En France, la règle ne vaut qu'à moitié. Le passage à la mairie est lui aussi un rendez-vous administratif et les créneaux du samedi matin existent bel et bien ; en revanche la cérémonie religieuse, le vin d'honneur et le repas occupent l'après-midi et la soirée, si bien que la règle ne couvre au mieux que le début de la journée. Si un invité allemand s'étonne d'un oui prononcé à quinze heures, voilà ce qu'il y a derrière sa question.
Ce qui est réellement utilisable ici, c'est l'ordre des opérations, et il compte plus qu'il n'en a l'air. Si le sujet vous importe, réglez-le avant d'approcher une mairie, une paroisse ou un lieu de réception. Une date réservée d'abord et évaluée ensuite ne peut que vous inquiéter : annuler coûte de l'argent, ignorer met mal à l'aise.
Dans l'autre sens, une courte liste de jours favorables s'intègre très bien à la recherche comme un filtre de plus, tant qu'elle n'est pas le seul. Un mardi de février astrologiquement idéal reste un mardi de février, avec tout ce que cela implique. Appliquez ce filtre en premier plutôt qu'en dernier et vous obtenez surtout les jours où personne n'est disponible.
Les usages de date qui existent vraiment
Quoi qu'on pense des astres, il existe une longue liste de règles sur les moments où l'on se marie et ceux où l'on ne se marie pas. Elles sont documentées, certaines ont deux mille ans, et elles décident encore des week-ends qui partent en premier.
- Les jours de la semaine. La comptine anglaise les classe un par un : elle promet la richesse au lundi, la santé au mardi, le meilleur jour au mercredi, les pertes au jeudi, les épreuves au vendredi et aucune chance au samedi — soit exactement le jour où presque tout le monde se marie aujourd'hui. En France, la question a été tranchée par les horaires d'ouverture plutôt que par la superstition : la mairie n'ouvre ni le dimanche ni les jours fériés, et tout le calendrier se retrouve tassé sur les samedis.
- Le mois de mai. La superstition européenne la mieux connue vient de Rome. Mai portait les Lemuria, la fête des morts inquiets, et Ovide note dans son calendrier des fêtes que l'opinion commune tenait pour mauvaises les femmes qui se mariaient en mai. La formule a traversé deux millénaires : en français, noces de mai, noces mortelles ; en anglais, une comptine sur le mariage de mai qu'on regrette ; en allemand, une règle de paysan. Mai est aujourd'hui l'un des mois de mariage les plus demandés. La superstition n'a pas survécu au beau temps.
- Le carême et le calendrier de l'Église. L'Église catholique ne célèbre pas de mariage pendant le Triduum pascal, et un mariage en carême est attendu sobre plutôt qu'interdit ; beaucoup de paroisses déconseillent aussi l'Avent. Rien de tout cela n'est une question de chance, c'est une question d'agenda, et un appel au secrétariat de la paroisse la règle. S'y ajoute une contrainte proprement française : la cérémonie religieuse ne peut pas précéder le passage à la mairie, ce qui verrouille l'ordre des deux dans la journée.
- Le vendredi 13. C'est là que la France se sépare nettement du monde anglophone. Ailleurs, la date fait peur et reste donc l'un des rares jours de pleine saison que personne ne se dispute. Ici, elle passe plutôt pour un jour de chance, celui des gros tirages et non celui qu'on évite. Ne comptez donc pas dessus pour trouver une salle libre au dernier moment.
- Le calendrier juif. Aucun mariage n'a lieu pendant le chabbat ni les fêtes. Au-delà, il existe des périodes de deuil pendant lesquelles on ne se marie pas du tout : une grande partie de l'Omer entre Pessah et Chavouot, et les Trois Semaines qui mènent au 9 Av.
- L'almanach chinois. Le Tong Shu recense les jours fastes et néfastes, et des familles installées en France y choisissent encore leur date. Le huit passe pour un chiffre chanceux et le quatre s'évite, parce qu'il se prononce comme le mot qui dit la mort.
- Le muhurta hindou. Un prêtre fixe la date, souvent à l'heure près, à partir du panchang — et des pans entiers de l'année sont exclus, le Chaturmas étant le plus connu d'entre eux.
- Les dates jolies ou répétées. Les sept, les douze et les chiffres doublés se demandent partout, et le 07/07 ou le 12/12 d'une année donnée partent avant tout le reste. Le piège n'est pas dans l'écriture, puisque toute l'Europe continentale note le jour d'abord : il est dans la concurrence. Une date que tout le monde trouve jolie est une date où le créneau de mairie et la salle disparaissent le même jour. Si vous en visez une, appelez avant de l'annoncer.
Le 29 février mérite sa propre ligne. Il n'existe que les années bissextiles. Se marier ce jour-là, c'est un anniversaire qui revient tous les quatre ans, ou qui tombe sur un jour de remplacement. C'est de l'arithmétique et non de la superstition, et c'est le point qu'on oublie le plus souvent.
D'où une règle peu glorieuse mais utilisable : les usages ne prédisent rien, ils déplacent la demande. Ce que beaucoup évitent s'obtient plus facilement. Ce qui passe pour chanceux part en premier.
Articles connexes
Quand le calendrier des autres a voix au chapitre
Il y a une différence entre une superstition privée et une obligation religieuse, et elle devient pratique immédiatement. Que vous prêtiez attention à la lune ne regarde que vous deux. Qu'une famille invitée n'ait pas le droit de faire la fête un jour donné regarde votre liste d'invités, et cela ne se répare pas après coup.
Trois situations reviennent régulièrement. Des invités qui observent le chabbat ne peuvent ni se déplacer ni participer un samedi avant la tombée de la nuit — et le samedi est précisément le jour de mariage par défaut en France, mairie comprise, si bien que le conflit est frontal. Un dimanche, ou une fête qui ne commence qu'après la tombée de la nuit, le résout. Des invités musulmans qui jeûnent pendant le ramadan ne mangent rien tant qu'il fait jour ; le mois se décale d'environ onze jours chaque année par rapport au calendrier grégorien, donc regardez l'année de votre mariage et non celle-ci. Et dans les familles d'origine hindoue ou chinoise, la date peut faire l'objet d'une consultation à part entière, qu'on ne contourne pas sans dégâts.
La manière de s'y prendre n'a rien de dramatique. Demandez tôt, demandez précisément, et demandez à la personne concernée plutôt qu'à la branche de la famille : y a-t-il dans ton calendrier une période où tu ne pourrais pas faire la fête ? Cette seule question, posée avant la moindre réservation, vous évite d'avoir à choisir plus tard entre la date et les gens.
Votre propre famille est le cas particulier. Quand des parents ou des grands-parents s'accrochent à un usage de date, ni la réfutation ni la capitulation n'aident. Prenez le souhait au sérieux, énoncez vos critères, et décidez quand même vous-mêmes. Si cela ne coûte rien — un jour plus tôt, une heure plus tard —, faites-le et n'en reparlez jamais. Si cela casse la date, dites non une fois, gentiment, avec un motif, et ne discutez pas le motif. C'est exactement le geste qui marche quand des parents participent au budget et attendent en retour d'avoir leur mot à dire, et personne, une fois la journée passée, ne se souviendra que la date avait été choisie par déférence.
Ce dont une date dépend réellement
Une fois la couche symbolique écartée, il reste une courte liste de conditions qui portent une date ou la coulent. Elle n'a rien de romantique et ses effets ne se discutent pas.
- Les disponibilités. En France, une journée de mariage tient au minimum sur deux réservations qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre : le créneau de la mairie, qui se demande à la commune où l'un de vous a son domicile ou sa résidence, ou celle d'un parent, et le lieu de réception. Ajoutez la paroisse si vous vous mariez à l'église, plus le ou les deux prestataires dont vous ne voulez pas vous passer. Tous doivent être libres le même jour. Ce seul point élimine la plupart des dates rêvées, aussi belle que soit la date sur le papier.
- Les délais légaux. On ne verrouille pas une date aussi loin qu'on le croit. Le dossier se dépose à la mairie, chaque commune ayant ses propres délais de dépôt et sa propre façon de bloquer un créneau, et les bans sont ensuite publiés dix jours à la porte de la mairie avant la célébration. Cette publication ne vaut pas indéfiniment : si le mariage n'est pas célébré dans l'année qui suit, il faut la refaire. Rien de tout cela ne vous empêche de choisir une date. Tout cela commande le moment où vous pouvez agir dessus.
- Le jour de la semaine dans l'année visée. Une date qui compte pour vous peut tomber un mercredi l'année où vous la voulez. Dix secondes à vérifier, et on s'en aperçoit régulièrement trop tard.
- Les gens qui doivent être là. Horaires postés, examens, déménagements, termes de grossesse, une opération déjà programmée. En France, ajoutez les zones de vacances scolaires, qui ne tombent pas aux mêmes dates d'une zone à l'autre, et les ponts, qui vident certaines villes. Récoltez tout cela informellement tant que rien n'est fixé : après, la même question sonne comme une consigne.
- La saison. Elle décide de la lumière, des tenues, du risque météo et de la moitié du déroulé, et c'est le seul point de cette liste qui ne se corrige plus du tout une fois la réservation faite. Elle décide aussi de la concurrence : mai et juin partent les premiers, et août pose la question inverse, puisqu'une partie de vos invités a posé ses congés ailleurs depuis longtemps.
Ce n'est qu'après que vient le sens que la plupart des gens cherchent en premier. Une date qui a une histoire derrière elle, le jour de votre rencontre ou l'anniversaire de mariage de grands-parents, se porte très bien, tant qu'elle ne contredit aucun des points ci-dessus. Une date sans aucune histoire est tout aussi bonne : elle prend son sens le jour même, et quelques années plus tard personne ne se souvient qu'elle n'en avait pas. Une fois ces conditions réunies, la date cesse d'être une question et devient ce que tout le monde vous réclame, ce à quoi un site de mariage bien à vous répond une fois au lieu de quarante.
Un dernier point figure rarement dans les listes. Vérifiez si le jour est déjà pris dans l'une des deux familles, par un anniversaire de décès, une séparation, un accident. C'est la seule question de date de cet article où un mauvais pressentiment est un bon conseiller. Il ne s'agit pas d'un présage. Il s'agit de gens qui, ce jour-là, penseront à autre chose chaque année pour le reste de leur vie.
Si les signes astrologiques comptent pour vous, obtenez la liste des jours favorables avant de vous renseigner où que ce soit, puis traitez-la comme un filtre parmi d'autres. S'ils ne comptent pas, toute la question se règle le soir où la mairie et le lieu que vous voulez ont le même jour de libre. Et si l'un de vous y croit et l'autre pas, ce n'est pas une dispute sur l'astrologie : c'est une différence de croyance — l'un des sept domaines à aborder avant le mariage. Vous n'avez pas à tomber d'accord : ici tranche le souhait de celui pour qui cela pèse.
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