Quels porte-bonheur offre-t-on à un mariage ?

Quels porte-bonheur offre-t-on à un mariage ?

10 min de lecture

Les porte-bonheur français tiennent en quelques objets : le fer à cheval, les dragées comptées en nombre impair, la fleur d'oranger héritée du vestiaire nuptial ancien, le brin de muguet des mariages de mai. Ce sont de petits souvenirs plutôt que de vrais cadeaux, remis en main propre par un proche le matin du mariage.

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Les porte-bonheur ont une place étrange dans un mariage moderne. Presque personne n'y croit, et presque tout le monde aime en recevoir un : c'est une assez bonne description de la façon dont le folklore survit.

Cet article expose les porte-bonheur qu'on rencontre réellement dans un mariage français, ce que chacun est censé signifier, qui l'offre traditionnellement et ce qu'il coûte. Il dit aussi lesquels des objets qui circulent dans les articles traduits de l'anglais ne sont pas d'ici, ceux dont l'histoire mérite d'être connue avant de les adopter, et quoi faire si vous préférez offrir quelque chose dont vous avez choisi le sens vous-même.

1. Les principaux porte-bonheur

Cinq objets couvrent l'essentiel de ce qu'on offre ou porte à un mariage en France, et chacun a un sens fixé même quand l'origine est trouble.

Porte-bonheurCe qu'il signifieOù le trouver, et pour combien
Le fer à chevalLa chance, branches vers le haut pour qu'elle ne s'écoule pasMiniature en argent ou en tissu, 8 à 25 €
Les dragéesCinq dragées pour la santé, la richesse, le bonheur, la fécondité et la longévitéChez le confiseur, 15 à 30 € le kilo
La fleur d'orangerL'ancien symbole nuptial français, porté en couronneFraîche chez le fleuriste, quelques euros la tige
Le brin de muguetLa chance, pour les mariages du printempsVendu partout le 1er mai, 2 à 5 €
Le trèfle à quatre feuillesLa chance, séché ou coulé sous résineChez un fleuriste ou en ligne, 5 à 15 €

Le fer à cheval est le plus courant et le plus mal compris. Un vrai fer est lourd et ne se porte pas ; ce que l'on tient est un petit modèle en argent ou en tissu, suspendu à un ruban, accroché au poignet ou glissé dans le bouquet. L'usage veut qu'il soit orienté branches vers le haut pour que la chance ne se vide pas, et cette règle est solidement installée dans le folklore européen, même si le raisonnement relève de l'image et non de l'ancienneté.

Les dragées, elles, sont la vraie constante française. Elles ne sont pas offertes au couple mais par lui : cinq amandes enrobées, en nombre impair, dans un sachet remis à chaque invité au vin d'honneur, et l'on attribue à chacune un souhait. C'est le seul de ces objets que personne n'a besoin de vous expliquer dans une salle française.

Un mot sur les porte-bonheur que vous croiserez dans les articles traduits de l'anglais, parce qu'ils ne sont pas d'ici et que leurs prix ne le sont pas non plus. Le silver sixpence glissé dans la chaussure gauche est britannique et se vend en Grande-Bretagne autour de 5 à 20 livres, à un prix britannique pour une pièce qui n'a jamais circulé en France. Le lovespoon, la cuillère sculptée, est gallois. Le ramoneur en costume que l'on serre au sortir de l'église est une coutume germanique et britannique, sans profession équivalente proposant ce service ici. Et le chat noir porte-bonheur est spécifiquement britannique : en France, le chat noir qui croise votre route dit exactement l'inverse.

Personne n'offre un fer à cheval en pensant qu'il fonctionne. On l'offre parce que quelqu'un vous en a offert un.

2. D'où viennent ces porte-bonheur

Les origines sont moins solides que les objets, et il vaut la peine de dire lesquelles sont lesquelles.

Le fer à cheval. Le fer et le fer à cheval apparaissent comme objets protecteurs dans tout le folklore européen, souvent rattachés à une légende mettant en scène un saint et le diable. La version racontée dans les mariages simplifie quelque chose de réellement ancien : on peut donc parler d'une croyance populaire de longue date sans revendiquer une origine précise.

Les dragées. L'amande enrobée de sucre est attestée en Europe depuis le Moyen Âge et accompagne les baptêmes et les mariages depuis des siècles. Le nombre impair et l'attribution d'un souhait à chaque dragée sont plus récents et varient selon les régions : cinq est la version la plus répandue, mais sept se rencontre aussi.

La fleur d'oranger. La couronne de fleurs d'oranger a été pendant tout le XIXe siècle la coiffe de mariée française par excellence, chargée d'un symbolisme de pureté et de fécondité. Elle a presque disparu comme coiffe et survit dans les broderies, les boutonnières et les bouquets, ce qui en fait le porte-bonheur français le plus discret et le mieux documenté.

Le ramoneur. L'histoire habituelle veut qu'un ramoneur ait sauvé un roi d'un attelage emballé, et que les ramoneurs portent chance depuis. On l'attribue en général à Georges III. Le récit se raconte partout et ne se documente nulle part, ce qui décrit assez bien la plupart du folklore de mariage. En Allemagne, en Autriche et en Grande-Bretagne, on loue encore un ramoneur en costume pour la sortie ; en France, cela n'existe pas comme métier de mariage.

Le chat noir. C'est l'exemple parfait d'un porte-bonheur local plutôt qu'universel. En Grande-Bretagne et en Irlande, il annonce la chance ; en France et dans une grande partie de l'Europe continentale et de l'Amérique du Nord, il annonce le contraire. Cela vaut la peine de le savoir si vous entrez dans une famille d'une autre culture, parce que le même objet y dira l'inverse de ce que vous vouliez dire.

2. D'où viennent ces porte-bonheur — Quels porte-bonheur offre-t-on à un mariage ?

3. Qui les offre, et quand

Un porte-bonheur n'est pas un cadeau de mariage. Il est petit, il se donne en main propre, et il appartient au matin plutôt qu'à la table des cadeaux.

  1. D'une mère ou d'une grand-mère : en général un bijou de famille, une médaille ou un fer à cheval hérité, remis pendant que la mariée s'habille.
  2. Des témoins ou des amis proches : un fer à cheval, une breloque pour le bouquet, ou quelque chose qui tient à une plaisanterie entre vous.
  3. Des invités à la sortie : dans certaines régions, on glisse un petit objet ou une fleur aux mariés au moment où ils quittent la mairie ou l'église.
  4. Des mariés l'un à l'autre : de plus en plus fréquent, et c'est là qu'apparaissent les versions les plus personnelles.
  5. Commandé pour le jour même : les dragées, préparées des semaines à l'avance et disposées sur la table du vin d'honneur, un sachet par invité.

Deux notes pratiques. Un fer à cheval au bout d'un ruban doit être tenu, ce qui occupe une main pendant toute la cérémonie ; la plupart des mariées le suspendent au bouquet. Et une pièce dans la chaussure, si vous reprenez l'idée britannique, est franchement inconfortable sur une journée de douze heures : la solution habituelle est de la scotcher sous la voûte plantaire ou de la garder dans une pochette.

Si vous offrez un porte-bonheur, donnez-le dans une petite boîte avec un mot expliquant ce que c'est. La moitié des destinataires ne le sauront pas, et c'est le mot qui sera gardé.

4. Ceux dont l'histoire mérite d'être connue

Quelques porte-bonheur traditionnels portent des sens qu'un couple d'aujourd'hui n'a pas forcément envie d'attacher à son mariage. Aucun n'est scandaleux, mais mieux vaut le savoir avant qu'après.

  • Les symboles de fécondité. Le grain, le riz, les noix, la fleur d'oranger et certaines fleurs sont des vœux d'enfants. C'est une pensée chaleureuse pour beaucoup de couples et une pensée pesante pour d'autres, en particulier ceux à qui l'on pose déjà la question sans arrêt.
  • Le cochon. Symbole de chance dans les traditions allemande et autrichienne, pas dans la nôtre. Offert à un couple français, il ne dit rien de ce qu'il dit à Munich.
  • Les objets qui parlent des devoirs de l'épouse. Certains anciens présents, notamment des symboles de cuillère et de clé, portaient des significations sur la tenue du foyer qui passent mal aujourd'hui. Si une pièce de famille arrive avec son explication, vous pouvez très bien garder l'objet et mettre l'explication à la retraite.
  • Tout ce qui se lance fort. Le lancer de pièces sur les mariés à la sortie existe dans certaines régions d'Europe du Nord, et le riz lancé de près fait le même dégât : ce sont de vrais risques à courte distance, et c'est aussi pour cela que beaucoup de communes les interdisent sur le parvis.

Le principe général est qu'on peut accepter un porte-bonheur avec grâce sans en adopter le sens. Personne ne tend un fer à cheval en attendant une discussion théologique, et un merci est une réponse complète.

4. Ceux dont l'histoire mérite d'être connue — Quels porte-bonheur offre-t-on à un mariage ?

5. Des porte-bonheur qui vous parlent

Les objets traditionnels s'héritent au lieu de se choisir, et c'est précisément pour cela que les couples fabriquent de plus en plus les leurs. Un porte-bonheur fonctionne s'il est petit, transportable et attaché à une histoire.

  • Une pièce de l'année de votre rencontre, percée et suspendue au bouquet.
  • Un objet rapporté d'un endroit qui compte pour vous deux, acheté sur place et non en ligne.
  • Quelque chose ayant appartenu à un grand-parent, porté sur soi plutôt que sur la tenue.
  • Une photo minuscule dans un médaillon épinglé à l'intérieur d'une veste ou d'une robe.
  • Une fleur séchée d'un premier bouquet ou d'un jardin.

Deux de ces objets survivront en général aux objets traditionnels, parce qu'ils portent un souvenir précis plutôt qu'un vœu général. C'est bon à dire à qui se sent obligé d'acheter un fer à cheval en plastique dans une boutique de mariage : l'objet compte moins que le fait qu'il signifie quelque chose.

Quoi que vous portiez, décidez de ce qu'il devient ensuite. Les porte-bonheur s'accumulent le matin d'un mariage et se retrouvent trois jours plus tard dans un tiroir d'hôtel, avec les boutons de manchette. Une boîte, une personne nommée, et une note disant ce qui vient de qui, parce que les remerciements en auront besoin.

Si plusieurs personnes apportent quelque chose, c'est également le genre de détail à consigner à côté du reste des dispositions de la journée sur votre site de mariage, là où ceux qui vous aident peuvent réellement le voir.

Le fer à cheval, les dragées, la fleur d'oranger et le muguet sont les quatre classiques de chez nous, et tous relèvent du folklore et non du fait. Offrez-les en main propre avec un mot disant ce qu'ils signifient, et rassemblez le jour même dans une seule boîte tout ce qu'on vous donne pour que cela survive à la semaine. Un porte-bonheur que vous avez choisi vous-même sera en général celui qui sera encore dans un tiroir dans trente ans. Si vous prévoyez en plus un vrai cadeau, commencez par la question du montant.

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